« La rivière ne retient pas le feu » À Magloire Palukuo, poème de Richard Makala Kaponirwe,RMK_

Tu es parti, frère égaré,

Toi qui faisais danser les mots,

Mais as fait taire les cœurs.

Tu écrivais des pamphlets comme on trace des routes,

Mais cette fois, tu as marché seul, vers l’ombre.

 

Chez nous, dans la sagesse bantoue,

On dit que l’homme devient ancêtre s’il est resté homme.

Mais celui qui coupe la corde du tambour,

Peut-il encore entendre les chants du village ?

*Twamalwivwako* – nous avons tourné la page,

Non par vengeance, mais pour que la paix respire.

 

Ton sang a coulé là où tu croyais bâtir un rêve,

Mais les balles ne lisent pas les convictions,

Elles frappent, même le poète.

Tu as choisi un feu qui ne chauffe pas,

Une cause qui brûle ses propres fils.

 

Aujourd’hui, Goma pleure dans un silence confus.

Certains maudissent, d’autres pardonnent,

Mais moi, je me souviens :

Tu étais fils du terroir, même perdu,

Et tout fils tombé, que le village rejette ou pas,

La terre finit toujours par l’accueillir.

 

Repose, si tu peux.

Mais sache que les vivants ont encore des blessures,

Et que la mémoire du peuple n’enterre pas vite.

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