Vers une révolution de la production locale, S.E MUHINDO NZANGI fixe la feuille de route de l’autosuffisance alimentaire en RDC

SE MUHINDO NZANGI Butondo ph prise au studio de Top Congo

Invité principal de l’émission le Débat magazine qui était consacré à l’agriculture sur Top Congo FM ce lundi 13 avril 2026, le Ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire S.E MUHINDO NZANGI a livré une vision globale, ambitieuse et résolument opérationnelle de la transformation du secteur agricole en République Démocratique du Congo.

Dans une intervention dense, il a articulé ses propos autour des défis structurels, des réformes en cours et des priorités stratégiques pour atteindre l’autosuffisance alimentaire nationale.

Une productivité agricole encore très faible malgré un potentiel immense

Le Ministre d’État a d’abord alerté sur le faible niveau de productivité agricole du pays malgré l’immense potentiel des terres congolaises. « La semence que nous utilisons aujourd’hui permet en moyenne 800 kg par hectare, alors qu’au Burundi on atteint jusqu’à 4 tonnes à l’hectare », a-t-il révélé.

Ce constat met en évidence un écart important de rendement, lié principalement à la qualité des semences, à l’accès aux fertilisants et au faible niveau de mécanisation.

Un système de recherche semencière en crise:

Revenant sur son expérience récente dans la province de la Tshopo, notamment à Opala, le Ministre d’État a exprimé son inquiétude quant à l’état des institutions de recherche agricole. « Il y a deux semaines, j’étais à Opala dans la Tshopo. Nos instituts de recherche de semences ne font plus leur travail, ils sont à l’arrêt », a-t-il déploré.

Pour lui, la relance de la recherche agricole est une condition indispensable pour améliorer la productivité nationale.

Relance des structures agricoles et des CAAPSA dans les provinces

Dans une logique de décentralisation agricole, le Ministre volontariste a indiqué que 26 Centres d’Adaptation d’Amélioration et de Production des Semences Agricoles (CAAPSA) ont été identifiés à travers le pays.
« L’objectif est qu’au moins un CAAPSA fonctionne efficacement dans chaque province », a-t-il précisé.

Cette approche vise à rapprocher les intrants agricoles des producteurs et à renforcer l’autonomie des provinces en matière de semences améliorées.

Des cultures stratégiques pour la sécurité alimentaire

Pour la prochaine campagne agricole, le gouvernement entend concentrer les efforts sur les cultures de base de consommation nationale.

Le Ministre a cité notamment :
1.le riz
2.le maïs
3.les haricots

Ces spéculations sont considérées comme stratégiques, car elles constituent la base de l’alimentation quotidienne des Congolais.

Les piliers de la transformation agricole

Le Ministre d’État a structuré sa vision autour de trois axes majeurs :
1. La semence améliorée
2. Les fertilisants agricoles
3. La mécanisation agricole

« Après la semence et les fertilisants, le troisième pilier, c’est la mécanisation. Je ne pouvais pas imaginer que la demande en tracteurs était aussi élevée. C’est ainsi que j’ai pris un arrêté pour créer une brigade des tracteurs dans chaque territoire », a déclaré le grand patriote MUHINDO NZANGI Butondo.

Organisation paysanne et mécanisation territoriale:

Dans une logique d’accompagnement des producteurs, des instructions fermes ont été données aux services agricoles :

« J’ai donné des instructions à tous les inspecteurs de l’Agriculture d’accompagner les populations à se regrouper en coopératives », a-t-il affirmé.

Cette stratégie vise à structurer les producteurs afin de faciliter l’accès aux équipements, aux financements et aux intrants.

Service National : vers une production étatique encadrée

Le Ministre a également évoqué le rôle du Service National, qu’il considère comme un modèle de production encadrée par l’État.
« Le Service national est un modèle de production par l’État. Nous envisageons une collaboration pour qu’il continue à produire avec les moyens de l’État. L’objectif est d’encadrer les jeunes qui y sont envoyés, Dimanche prochain, je serai à Kanyama Kasese», a-t-il expliqué.

Une vision d’itinérance et de proximité avec le terrain

Connu comme un ministre de terrain, le Ministre d’État a insisté sur son approche de proximité :
« Je ne reste pas dans mon bureau, je fais l’itinérance. » c’est à ces termes , qu’il a précisé avoir déjà visité les 26 provinces de la RDC, ainsi que 118 territoires sur les 145 que compte le pays, témoignant d’une volonté de suivre directement la réalité agricole sur le terrain.

Bukangalonzo : clarification sur un dossier sensible:

Répondant sur la question des présentateurs de l’émission, sur le dossier du parc agro-industriel de Bukangalonzo, le Ministre d’État a rappelé que le projet est aujourd’hui dans une situation de contentieux.

« Aujourd’hui, il n’y a aucune activité. J’ai initié une correspondance pour demander la récupération des équipements je suis en discussion avec mon collègue des portefeuilles puisque c’était sous sa tutelle comme l’État a ses parts de ce projet », a-t-il indiqué.

une ambition claire pour l’autosuffisance alimentaire

En conclusion, le Ministre d’État MUHINDO NZANGI a réaffirmé la priorité stratégique pour laquelle il a été nommé par le Président de la République que ça reste: l’autonomie alimentaire de la RDC.

Il a appelé chaque Congolais à contribuer à cet objectif national, en promouvant une agriculture de proximité et familiale.

Dans cette logique, il a popularisé une approche citoyenne simple mais structurante : cultiver partout et par tous, à travers la production vivrière, maraîchère, le petit élevage et les cultures pérennes comme le café et le cacao qu’il résume en 4C qu’il prêche partout où il passe 1erC: tout le monde doit avoir un jardin des vivriers 2eme C: maraîchers 3eC: le petit élevage 4eme C : cultures pérennes

À travers cette intervention sur Top Congo FM, le Ministre d’État a posé les bases d’une transformation profonde du secteur agricole, fondée sur la semence, les fertilisants, la mécanisation et l’organisation des producteurs, avec un accent fort sur la proximité, la production locale et la souveraineté alimentaire.

Axel Maliro

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